A l'instar de son sélectionneur, Florent Malouda s'est longuement exprimé sur le cas Patrick Vieira lundi. Le joueur de Chelsea a dressé un portrait de l'Intériste qui explique mieux l'inquiétude des Bleus.
Florent Malouda, Patrick Vieira est-il une personnalité forte de l'équipe de France ?
Oui, par son attitude et son vécu. C'est un joueur charismatique du groupe France. Il est blessé en ce moment et c'est normal qu'il y ait une inquiétude par rapport à son cas. Maintenant, il fait le nécessaire pour essayer de répondre présent. Il faut surtout lui faire confiance, car c'est quelqu'un de responsable, et s'il est toujours là, c'est qu'il a confiance en lui et qu'il pense qu'il pourra apporter quelque chose.
Comment définiriez-vous son rôle au sein du jeu français ?
C'est une plaque tournante. Dans le jeu de l'équipe, il est un maillon fort au niveau de la récupération et de la première relance. Et jouer avec ou sans Patrick Vieira, ce n'est pas pareil. Maintenant, ce qui fera que nous irons au bout d'une compétition comme ça c'est justement que tout le monde soit prêt et que nous soyons prêts à toute éventualité. Je ne sais pas s'il pourra jouer le premier match, mais, quoi qu'il arrive, il faudra faire en sorte que l'équipe soit dans de bonnes conditions lorsqu'il sera prêt et qu'il puisse nous apporter un plus.
Pour vous, faut-il que Patrick Vieira soit là quoi qu'il arrive, même s'il ne dispute la compétition qu'à partir des quarts de finale par exemple ?
Je ne sais pas. Notamment car je ne connais pas la vraie nature de sa blessure. Mais je le répète : s'il est toujours là, c'est qu'il sait qu'il a les capacités pour apporter quelque chose. Il n'est pas juste là pour faire partie du groupe. Ce n'est pas ce genre de joueur. S'il est là c'est qu'il a l'ambition de faire des choses et de démontrer certaines choses pendant l'Euro.
« A chaque fois qu'il est revenu de blessure, Pat a retrouvé son niveau »
Cette inquiétude autour de Patrick Vieira perturbe-t-elle déjà le groupe ?
Non, pas vraiment, car il s'est blessé et le groupe est organisé, notamment au niveau des soins, pour qu'il récupère sa condition physique. Il a travaillé à Tignes et ça s'est déclaré avant le match à Toulouse. Mais voilà, il y a des joueurs qui sont là, prêts à le remplacer. Et de ce côté-là, justement, il n'y a pas d'inquiétude car il y a de la qualité au sein de cette équipe de France.
Est-on toujours impatient lorsque l'on se retrouve comme ça, sur le bord de la route ?
Bien sûr. Personnellement, j'ai connu ça cette saison, et ce n'est pas une situation agréable à vivre, car on a envie de récupérer et on voit les autres s'exprimer. Et quand on est blessé, on ne peut pas s'exprimer. Donc un joueur de foot vit toujours mal cette situation. Le mieux à faire est d'être patient et de faire le nécessaire au niveau des soins, mais on ne peut pas aller plus vite que la musique. Quand il reviendra, j'espère qu'il sera en très bonne condition. On l'a vu cette saison : à chaque fois qu'il est revenu de blessure, il a retrouvé son niveau. C'est un travail qu'il doit effectuer. Et de ce côté-là, nous avons confiance car nous avons un très bon staff qui fera le nécessaire pour le remettre sur pieds.
Lundi, il y avait un couvert supplémentaire à votre table. Comment s'est passée cette entrevue avec le président de la République ?
Oui, c'était bien, c'était informel, nous avons pu partager un repas avec le président de la République. C'est toujours agréable de recevoir la visite de son président. Il est venu nous apporter un message. Il nous a dit qu'il était le premier supporter de l'équipe de France et que derrière lui, il y avait toute la France. Que nous avions cette mission, cette responsabilité, et que, quoi qu'il arrive, en jouant avec nos valeurs et sur nos qualités et ce qui a fait notre force, il n'avait aucun doute quant à notre parcours. En 2006, nous avons su faire déjouer nos adversaires et faire en sorte que l'adversaire s'adapte à nous et pas le contraire. Avec toute l'expérience qu'il y a dans notre équipe, nous ne prendrons jamais personne de haut. Il faudra mériter notre place en finale et ça passe par une bonne entame de la compétition.